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Operation “Open Eyes” 29 avril 2011

Notre Unité est à nouveau assignée pour une nouvelle opération. Le Commandement des Opérations Spéciales a donc chargé notre Unité pour une opération de type CRAP (Commando de Recherche et d’Action en Profondeur) au sein d’un déploiement d’unités de reconnaissance des forces de l’UN dans cette nouvelle zone rouge.
Notre TEAM doit rechercher très loin une cachette de batterie de missiles protégeant leur artillerie à proximité du bois de Ville d’Henri, déterminer une cible et transmettre le rapport.

Chacun a terminé sa dernière mission assignée. Certains en Afrique et d’autres sur la métropole. Mais les soulèvements dans la contré de Shimon nous ont amené l’année dernière à lancer l’Opération ” Burn Matches”. Notre unité avait envoyé deux opérateurs pour retrouver deux agents infiltrés dans ce secteur. Au final l’opération avait apporté les informations sur le mouvements des troupes dissidentes qui se rassemblaient dans la forêt avant d’envahir la zone neutre.
Mais depuis les bombardements de la zone qui n’ont pas arrêtés ces troupes, de gros changements nous ont fait revenir. La pacification de la zone neutre ne semblait pas possible sans la coopération des milices locales et des ONG.
Par conséquent, La zone neutre a été perdue. Et la zone verte que nos troupes de l’UN protégeaient est maintenant menacée par de l’artillerie soigneusement dissimulée chez les habitants. S’il est bien connu qu’il est admis de reculer une fois pour renverser le mouvement en sa faveur (retrait stratégique). L’avance crée un étirement dans l’approvisionnement, la protection aérienne, sécurité de la ligne de front, … Le Commandement des Opérations Spéciales a donc chargé notre Unité pour une opération de type CRAP (Commando de Recherche et d’Action en Profondeur) au sein d’un déploiement d’unités de reconnaissance des forces de l’UN dans cette nouvelle zone rouge.
Notre TEAM doit recherché très loin une cachette de batterie de missiles protégeant leur artillerie à proximité du bois de Ville d’Henri, déterminer une cible et transmettre le rapport.
C’est un classic mais cette fois, il va falloir “coller” la cible, et si besoin infiltrer la cachette pour s’assurer de l’absence d’otage. Et pour le plaisir des sensations : s’enfoncer dans le sol en attendant la “solution” de la cible.
La TEAM désignée se compose seulement de 2 opérateurs (pénurie pour cause déploiement massif). Ce qui empêche toute action de type commando (infiltration, action choc, exfiltration rapide). Ce qui fait l’originalité de “l’Unité” c’est qu’elle intervient dans le même cadre, à la différence qu’elle reste furtive quelque soit les circonstances, même si elle doit traiter une cible.

Vendredi 8 Avril, 16.30. L’opérateur Bob Lee Swager a traversé la moitié du pays pour me rejoindre à proximité de la ligne de front. Son départ précipité lui fait manquer de matériel mais ce n’est pas un problème. Nous prenons le temps prendre un verre à la térasse d’un café pour se raconter les dernières nouvelles (audibles en public). Une petite partie de son matériel, et non des moindres, l’attends chez un contact local. Un premier voyage dans un village voisin et nous récupérons son sac et son Sig 556. Pour compléter ce qui manque nous faisons quelques achats. Les jours qui vont suivre seront épuisant et mon camarade a fait un long voyage. Nous allons prendre des forces dans un restaurant local. D’un autre coté, nous partirons avec le même point de départ horaire et quantité d’apport calorique.
Rassasiés, nous étudions la mission dans ses grandes lignes. Nous préparons nos sacs. Nous rappelons les protocoles. La routine…
Samedi 9 Avril 02.00 Départ pour une marche nocturne forte en adrénaline. Nous traversons les quelques cartiers de la grande ville qui bordent la ligne de front. En voyant toute cette vie paisible on mesure toute l’importance de la mission. Supprimer la protection des batteries d’artillerie apporterait la paix de l’esprit à tous. En passant les limites de la grande ville, nous croisons une patrouille de police militaire de l’UN. Ils nous inspectent depuis leur véhicule sans s’arrêter. Ils vont inspecter la ligne de front. Nous prenons un chemin parallèle très fréquenté sur 800m afin de gagner un chemin plus discret au coeur des terres. Mais après 1km nous apercevons une patrouille ennemie qui nous oblige à nous terrer aux pieds d’un arbre. Jamais nous ne perdons de temps. Pendant que Bob observe les raies de lumière. Je finalise quelques réglages sur mes sacs. Finalement la patrouille décroche et nous pouvons reprendre notre marche le long de la rivière. Les kilomètres défilent dans le silence de la nuit sous un ciel rempli de d’étoiles. Sans lumière artificielle, nous voyons suffisamment où nous marchons.
Il est important de savoir marcher sans lumière quand on fait partie de l’Unité. La lumière artificielle de faible intensité (lampe, frontale) aplatit les couleurs (vision monochromique) et crée un effet surexposition sur les éléments environnants. De ce fait vous ne pouvez pas voir ce qui est derrière les éléments éclairés. Mais votre position est bien signalée. La marche avec front-light est donc proscrite. Ainsi nous faisons “un” avec la nature. En retour elle ne s’affole pas de notre passage.
La NVG (Night Vision google) est biensur l’outil idéal. Mais pour beaucoup de raisons nous apprenons à nous en passer (Protection IR, camouflage naturel, baisse de la vigilance, vision fragile si illuminée, outils à durée précaire, …). Je préfère l’ouïe et l’odorat (ce qui implique de ne pas écouter la music trop forte ou faire des séances de tir sans protection auditive et de ne pas fumer)
Avant de quitter la piste au bord de l’eau, nous faisons une pose. Les sacs déposés sur une table de pique-nique (rare trace de civilisation depuis des kilomètres), nous avalons un peu d’eau et quelques barres énergétiques. On contrôle que les sacs sont toujours bien sanglés. On étire les épaules endolories par nos petits sacs 72h surchargés, 26kg pour Bob, 35kg pour Jack. Et c’est à peine suffisent. Mais plus nous chargerons et plus nous perdrons en mobilité. Le matériel d’enfouissement, la nourriture, le nécessaire de toilette, l’équipement d’orientation et d’observation ont été partagé en deux. Chacun garde pour soi sa tenue de combat, ses armes et ses munitions.
Nous sortons enfin de la piste pour quelques émotions. Nous devons traverser un carrefour sur la grande route.

A 04h00, les voitures roulent plus vite mais les réflexes des conducteurs sont plus engourdis… On remonte donc à pas rapides mais discrets la route qui doit nous amener jusqu’au plateau où nous trouverons notre premier point de chute. Soudain une lumière apparait en haut de la route qui se dirige vers nous. On se précipite contre une maison. Pourvu qu’aucune autre voiture ne vienne dans l’autre sens sinon on sera repéré. Cette voie est un coup de poker. Nous sommes en retard sur les dead-lines. Un peu plus loin on sort de la route en prenant un petit sentier de randonneur escarpé. On se croirait à la montagne dans ce décor nocturne. En passant au travers du bois qui contourne les lotissements on arrive sur un paysage hallucinant. Le développement urbain a été tellement rapide dans ce secteur que les maisons s’arrêtent dans les champs et les rues donne sur … rien. On se croirait sur une map de Sim city. Nous sortons de Ballônvu, direction Ouest-Sud-Ouest.
Il est bientôt 06h00. Il faut s’activer pour trouver un refuge à proximité. Sur la carte nous trouvons un gros bois prêt d’un étang public. Mais malheur pour nous, tous les accès sont privatisés ou réservés aux clubs de pêche. Seule une petite clairière est fermée par une chainette. Nous passons par dessus pour accéder à la parcelle suivante, des peupliers destinés à la coupe. Le terrain est trop dégagé. Nous devons continuer encore plus loin. Mais nous arrivons sur un obstacle de taille : un grillage de plus 1,70m de haut terminé par du barbelé, sans aucun appui pour passer par dessus. Nos jambes sont raides et commencent sérieusement à nous faire mal. Le besoin prime sur le confort. Nous devons passer coûte que coûte. On pose les sacs à terre. Je récupère une buche pour faire la première marche. Je mets un pieds sur un poteau de cette clôture et, tout en gardant mon équilibre, je prépare un saut. Je sens que la chute va être rude. J’ai nullepart où atterrir à part une bute de terre sèche en forme de bulle. Si je me reçois mal, la suite va être difficile. Je me lance et atterris aussi souple qu’un parpaing. Ma cheville me fait mal. Bob me passe les sacs par dessus le barbelé, grimpe à son tour, et saute sur la même but. La main que je lui tends réduit sa chute. Il atterrit comme un chat. Comme d’habitude, bob garde le sourire mais il me glisse un petit : “je suis pas contre”. Quand je lui propose de nous poser dans ce bois. Le jour est levé, on s’enfonce dans une parcelle abandonnée de tous, à l’écart des chemins.
07.00 On se pose, on mange, on dort. mieux qu’une sieste. Dans le sommeil le corps recompose son stock d’ATP (Acide Tri-Phosphate source de l’énergie musculaire), et prépare le métabolisme à puiser dans ses ressources. Il n’est pas possible de faire un feu parce que c’est le jour. Mais surtout parce que tout est tellement sec, le tapis de feuilles et d’épines de pin, les brindilles et les arbres, allumer un feu déclencherait un incendie immédiatement.
10h30 Nous devons repartir vers notre objectif. J’ai assez bien dormi mais bob me fait remarqué que je ronfle. Ce qui veut dire dans le langage de Bob, que lui n’a pas dormi. Pourtant on sort de ce bois par un chemin de terre qui mène droit sur une ferme. On nous regarde passer sans trop de surprise. Je fais un signe de la main comme si j’étais du coin. Ca passe!
On prend à gauche, à droite, ainsi de suite, toujours Ouest Sud-Ouest. Soudain on franchit une voie de chemin de fer par une voie carrossable entourée de petits bois. Idéal pour convoyer des hommes ou des munitions et les dissimuler au regard des gens du coin. La batterie de missiles était signalée dans les environs de la forêt de Ville d’Henri. Mais celle-ci peut avoir bougé. Je veux en avoir le coeur net avant de nous plonger 5 km au coeur d’un dispositif de force anti-aérienne. On bifurque plein Est en direction d’un bois qui longe la voie de chemin de fer. C’est la planque idéale, prêt de rien au milieu des champs. Seul hic! Ce bois est coupé en deux par le chemin de fer ce qui nous fait un plus petit bois. Une fois dedans, on se pose. La théorie de la guérilla est là pour ça : “Les qualités de mon ennemi sont ses faiblesses. Mes défauts sont ma force.”
13.30 La mission commence ici!
Je suis vidé!!! Ma dernière mission a durée 10 mois. Je n’ai pas trop peiné physiquement : beaucoup à genou, beaucoup de route (le dos) avec 2500km par semaine, mais du coup l’entrainement physique est médiocre. De son coté, Bob a fait le tour du monde, sur l’eau. Alors les courses sur le pont du navire deviennent un peu limite. Mais notre TEAM a déjà connu d’autres difficultés (Opération “New steps”).
Je sors le réchaud à alcool et pose 2 quarts à chauffer de l’eau. Ce midi, poisson-riz à la provençale (déshydraté). Mon préféré!!! Avec la purée en plus c’est un délice. Une grosse rasade de ma poche d’eau. En dessert, une barre énergétique à la banane (sans allusion, malgré la fatigue… ;) Et dodo.
15.30 Début de l’installation. Le coin est calme. C’est un bois de hêtre. Toutes les brindilles aux à l’entour serviront de signal d’alarme. Nous ramassons toutes les brindilles dans notre secteur de vie (zone pour le repas, le feu, la “cuisine”, …).

Je nous ai installé prêt d’un fossé orienté vers l’entrée du bois ou le chemin de fer. Ce fossé sera notre voie de repli en cas d’accrochage. On vide alors le fossé de toutes les branches et brindilles. Tout ce petit bois servira à allumer le feu de ce soir pour la surprise.
Au bout du fossé, coté chemin de fer, je fais un trou pour les latrines de fortune. Le petit tas de terre qui en résulte est placé coté point de vie pour prévenir avant de devenir un “porte bonheur” (seulement avec le pieds gauche parait il). Du coup en partant, on peut renverser la terre sur le trou pour le dissimuler lors du repli.
Coté point de vie une surface de 4m carré est débarrassé de ses feuilles et elles sont toutes placées dans un sac qui restera à proximité. Un trou de 80×60 est creusé dans le sol sur 20cm de profondeur. Le feu Dakota gagne en chaleur (feu plus petit = moins de lumière autour) et on évite de propager le feu avec des braises qui jaillissent du foyer dans les feuilles autour. Le foyer n’est pas carré? Oui ce n’est pas tout a fait un feu de camp. Il nous éclairera un peu, réchauffera un peu, mais il servira surtout à cuisiner une soupe (très reconstituant et plus hydratant que l’eau) et cuire de la viande (la tradition). Cette terre est elle aussi placé dans un sac qui reste à coté du sac de feuilles.
16.15 La troisième installation obligatoire pour notre mission est une cache (fera l’objet d’un article prochainement). Elle est indispensable mais son entreprise ne se prévoit pas à la légère. Creuser dans un bois après une longue marche est très fatiguant. Et ça demande une bonne organisation pour ne pas trainer en longueur. Quel intérêt d’y passer son WE si la mission nous passe sous le nez. Mon conseil pour ce type de mission est le suivant : faites votre cache en 2 temps.
1er temps : creuser 120x80x40 (LxlxP) afin de faire une cache d’arme. Personne ne sait que vous êtes là .Et personne ne vous y cherche. Si vous aviez à vous montrer, votre matériel militaire peut alors être caché et retrouvé plus tard. Si à la suite de ce contrôle vous êtes arrêté. Votre devoir étant de vous enfuir. Vous bénéficiez de ressources pour votre fuite.

2eme temps : Vous avez effectué les repérages nécessaires et vous devez rester dans le secteur. Vous avez donc besoin d’un endroit sauf pour “vivre”. Vous devenez “Vietmin” (emblème de toute une génération de creuseurs de gallérie). Sans allez jusque là vous avez besoin d’un trou assez profond pour vous gardé assis plus une épaisseur de rondin de bois pour recréer un sol dur sous 20cm de terre sans oublier les feuilles. Attention le vertige:
Pour quelques jours : minimum 100cm de profondeur, 90cm de large, 200cm de long
Pour du long terme: minimum 150cm de profondeur, #idem, #idem
Mesurez donc le volume de terre à faire disparaitre discrètement! C’est énorme!
Pour notre cas nous devons effectuer un repérage nocturne pour déterminer si notre cible est bien dans le coin. Dans un deuxième temps faire un état des lieux complet de l’environnement (trafic militaire et civil, position défensive, position de l’objectif, présence de bouclier humain, …) Nous aurons toute la journée de demain pour le bonus. Alors une simple cache nous suffira.
Une astuce de plus ne fait pas de mal. La terre qui est retiré est déposé, grace à de simples sacs prévus pour, sur un sentier “imaginaire”. Je m’explique : des latrines à la cache nous définissons un passage balisé par des branches blanchies (écorce retirée ou recouvert de champignons blancs). Entre ces branches nous déposons la terre comme un semeur. Ainsi nous obtenons un contraste foncé/clair qui n’est pas visible le jour. Mais une telle différence éclairé par la lune et les étoiles nous suffit pour retrouver un sentier que nous connaissons. L’autre avantage est que la terre déposé sur les feuilles réduit le bruit des pas. Ce qui devrait nous donner le temps de récupérer nos affaires ou de les planquer avant de disparaitre dans la nuit.

18.15 La denrée indispensable
Le dernier détail qui reste à régler. Il est primordial. C’est l’eau. Nous sommes partis avec seulement 2L d’eau dans une poche dorsale chacun. Nous avons aussi pris chacun un bidon de 600mL, vide. Pour traiter l’eau le temps que les pastilles fassent effet.
Je récupère une image satellite pour savoir où nous pouvons trouver un point d’eau à proximité. 5km aller et 5 pour le retour. Ce n’est pas possible. Notre couverture ne tiendrait pas. Nous sommes des randonneurs qui allons voir un copain. Sans sac à dos et juste des gourdes. C’est trop suspect. A moins de 1,5km j’aperçois un minuscule cour d’eau au milieu d’un champ. On l’appelle aussi “trou de vache”. C’est là qu’elle boivent. Mais la nature est bien faite. Quand ça rentre, ça ressort en même temps de l’autre coté. Autan dire que l’eau est parfumée, voir pire. On se prépare donc à être le plus dans nos personnages et on part en direction de cette source de vie… A cette heure là il n’y a pas un chat, ni une vache. En même temps nous en profitons faire notre repérage dans le secteur. C’est la direction de notre plan de repli. Et comme on l’apprend en stratégie : il faut toujours prévoir un plan B ou plutôt un seconde solution. On traverse un champ pour arriver prêt d’un point de buisson sauvage absolument infranchissable. C’est sensé être la source. Le filet d’eau continue vers un autre point de végétation sauvage mais on distingue un passage possible au milieu des ronces. Dans cette alcôve je vois du bois en décomposition de la vase mais aucun animal mort, ni déchets industriel. La nature est abondante autour de ce point d’eau.

lolo
puiser l’eau filante en surface

L’eau n’est pas stagnante. Au contraire, on peut même apercevoir du sable par endroit. Cette eau est donc du à un renfoncement naturel entre le champ et les bois qui longent la voie de chemin de fer. Ce n’est pas une source de montagne mais elle devrait être assez seine pour la consommation. Par précaution, je mets quelques pastilles dans la poche d’eau de Bob et une dans chaque bidon de 600. Un pastille est prévu pour 1L. Ca va être délicieux. Yommy!!!
On retourne sans encombre à notre palace. Sur le chemin Bob essaye une plante connue pour ses bienfaits désinfectant et cicatrisant, le plantain. Je lui montre les fleurs comestibles qui pourraient constituer notre prochain repas si l’opération devait durer plus longtemps que prévu.
19.30 Il est temps de sortir nos affaires de la cache pour préparer le repas. Le jour fait place à la nuit et le feu est prêt à être allumé. Au menu ce soir, soupe (déshydratée) de légumes garnie de galettes de maïs (déshydratées). En résistance, un steak à la braise avec des champignons (pour deux).



21.00 Le baptême
Avant de manger, il faut faire sa toilette. On improvise donc une douche avec un poche à eau.

Changement de tenue : mode tenue de combat impeccable pour une petite cérémonie. L’Unité a pour tradition de remettre à ses initiés confirmés un badge lors du “baptême“. Cette cérémonie ne peut avoir lieu que durant une opération. Le badge d’initié est à l’image de l’unité, discret mais efficace : c’est le badge carré de son groupe sanguin en basse visibilité. Si l’initié devait avoir à être secouru dans le cadre de son affectation militaire, ce badge pourrait faire gagner du temps au secouriste et ainsi lui sauver la vie. Au cour de cette cérémonie, l’initié reçoit un nom d’opérateur. Ce nom est réservé à l’usage opérationnel (communication radio, rapport de mission, afin que son identité de couverture reste protégé). Plus de protection dit plus d’engagement. Les prochaines opérations verront un investissement personnel plus important dans l’acquisition de nouvelles techniques. Cette petite veille du feu avant l’action est très reposant et réconfortant. On prend le temps de parler de choses personnels, de donner son opinion sur des sujets qui nous concernent. Ce coin au milieu des bois (et du danger de l’opération) est un peu notre chez nous. C’est là qu’on se sent vivre (et souffrir aussi). La discussion dure mais nous gardons à l’esprit que le compte à rebours arrive à son terme avant de retrouver l’âme du guerrier.
“Allez! Ca démarre.” On range la vaisselle, les déchets, les sacs. On rentre tout dans la cache. tout est à nouveau camouflé et nos visages prennent les couleurs du paysage. Le filet camo autour du coup. Et une partie sur la tête comme une capuche. Nos Sig (556 pour Bob et ma vieille copine le 552 pour Jack) sont en position et tous les équipements sont à leur place dans poches de nos vestes guérillas.
23.00 Les yeux grands ouverts
Deux ombres sortent du sous-bois en se dirigeant au Sud. La TEAM suit une haie d’arbres qui séparent les champs. La nuit est très lumineuse. Le vent est nul. Le sol est humide malgré le soleil qui a frappé toute la journée. Tout les 50m Bob fait un point jumelle. Ce soir il doit faire un carte de mémoire avec tous les éléments qu’il a vu.
Dans un virage qui donne vers l’Ouest, un large chemin se dirige droit sur un ensemble de bâtisses entouré de grillage. L’intérieur est éclairé mais le reste semble peut animé. On se glisse dans le fossé qui longe le chemin sur toute la moitié. Ici nous sommes bien à couvert. Le fossé est profond d’une hauteur d’homme. Arrivé au bout on entend un bruit. Une ombre noire gesticule au milieu de la haie d’arbre qui prolonge le fossé. Je fais signe de figer. On se glisse comme des reptiles hors du fossé, les armes parées à faire feu en ultime recours (pour la légitime défense bien que celle-ci entrainerait plus de dommage à l’opération). La silhouette se fige. Nous aussi. 10s passent sans bruit. La silhouette bouge à nouveau sans aucun sens. Je décide de m’approcher comme un reptile. La silhouette s’est trahi. C’est un buisson d’une différente essence qui est mêlé aux autres. Il est plus petit et ses branches dépassent pour se faire une place au milieu du groupe. Je fais signe à Bob de faire demi-tour. Nous passerons coté Sud de la haie, dans le champ, pour rester dans l’ombre de lune. On s’approche encore un peu.
150m : “Je ne distingue rien” me dit Bob.
“Tu dois pouvoir me dire combien de personnes se trouvent dans ces bâtisses, et se qu’elles font. On s’approche”
100m : Bob me rejoint dans les hautes herbes. Il se place sur mon 3/4 arrière, réduisant ainsi notre silhouette.
“Je ne vois toujours rien”
20 m : “On va voir cette clôture”.
Le tour de la clôture est bien dégagé sur 2m. Notre champ de vision est gêné par un petit bâtiment. On se déplace vers le l’angle N-O. D’ici Bob voit plus de choses. 4 bâtiment de tailles différentes, un sentier qui doit longer l’ensemble. Le bâtiment le plus au Nord est suspect. Il semble construit en léger avec des tôles pour la toiture. Il diffère des autres. La lumière de l’étage s’allume. Nous allons peu être en savoir plus. Personne n’apparait à la fenêtre. Soudain un civil sort avec une lampe. Bob est surpris.
“Ce doit être un voisin qui passe la soirée et s’en va retourné chez lui.” Dis je. L’homme longe la maison, puis reste devant la porte. Son attitude est suspect s’il est ce qu’on pense qu’il est . Maintenant il va dans l’autre sens et se dirige vers le grillage, du coté du bâtiment suspect. Les raies de lumière vont dans tous les sens.
“On décroche. Il nous cherche”
Bob me regarde ne sachant pas choisir son émotion entre la surprise ou la déception. On s’écrase au sol. Je roule 3 tours sur moi comme un rouleau de printemps (c’est de saison;). Puis nous prenons la position petit animal à 4 pattes. Nos fesses dépassent à peine les herbes. A 30m je me relève et attends Bob qui me suit dans ma trace. Les raies de lumière se sont approchés de notre dernière position. Je fais signe qu’on effectue un repli stratégique vers le grand fossé. On file à toute vitesse sans faire trop de bruit. Finalement je poursuis jusqu’à l’angle du champ. On se fige. On écoute. On observe. Le rythme cardiaque descend (pas assez vite). On ne voit aucun signe de vie.
“C’est OK pour ce soir. On rentre et on fait le point”

Je descends dans le fossé en me laissant glisser comme dans un toboggan. Lorsque je me relève de ma position à genou, celui-ci fait un bruit étrange, comme un LEGO qui se disloque. La douleur est supportable (pour le moment). J’essaye de remonter pour sortir du fossé. Un limasse avec une jambe ferait aussi bien. Il faut que je me relève. Je reprends mon souffle et me prépare mentalement au verdict. Mon genou m’envoie chier. J’ai le choix entre une tendinite ou un ménisque arraché. Je connais le truc puisque mon genou gauche m’avait fait le coup dans les même conditions. Après une longue période à user mes genoux dans des bâtiments démontés, je me suis explosé le genou en attrapant un “gros” dans sa course pour le faire chuter. Résultat : ménisque partiellement arraché, plus d’1 mois avant que la jambe ne se réveille de l’opération, 6 mois interdiction de sport et de rééducation, 1 an sans raquette. Sauf que si on dit pas : “Jack a dit…” Ca ne compte pas. Au bout huit mois, j’étais de nouveau avec 35kg sur le dos au milieu des sangliers à passer le réchaud sur mes rangers pour faire fondre la glace. Mais ça c’est une autre histoire.
Pour l’heure, j’étais blessé. Surtout dans mon orgueil. Il me fallait donc retrouver notre point sûr, la cachette. Dans ma pochette médic, je sors des anti-inflammatoire que j’avale avec une grosse rasade d’eau.
On s’installe avec Bob à 5m de la cachette pour préparer notre couché. Je fais un micro-pose assis par terre, adossé contre un arbre. Alors qu’on ne s’y attendait pas.

Il est 02.00, au milieu de nul part, on entend une voix d’homme qui parle avec une femme à 50m de notre position. Bob se pétrifie en pleine action. Les oreilles grandes ouvertes cette fois-ci. Toutes les 20mn, on peut entendre du bruit. Soit le long du chemin de fer, soit coté champ.
C’est officiel, on est pisté!!!

Tant qu’il est là on ne peut rien faire. S’il nous était permis nous pourrions le neutraliser et le mettre dans la cachette. Mais c’est une mission à tolérance 0. Si le moindre indice restait derrière nous, toute les autres missions de reco des batteries d’artillerie seraient compromises. La position des missiles risquerait évidemment de bouger et tous les bombardements prévus échoueraient. Donc pas de trace.
Nous allons devoir faire appelle à nos bonnes étoiles, toutes les pattes de lapins et une bonne dose de sang-froid.
04.00 On bouge. Je ne sens plus mes jambes restées immobiles depuis 2 heures. Et c’est presque une bonne chose. Je fais signe à Bob qui est resté à l’affut. Je donne les nouvelles consignes :
“Je crois qu’on est tombé sur un malade. Venir seul dans un bois parce qu’on pense y trouver un rôdeur, seul un imbécile peut se jeter comme ça. Dans d’autres circonstance il finirait en gibier. Et je pense qu’on est sur du solide. Il(s) va revenir avec les chiens et du gros. Profitons de cette accalmie pour décrocher complètement.”
Bob : “Mais j’entends encore du bruit de l’autre coté des rails”
Jack : “C’est un chevreuil ou un autre animal à grandes pattes. On va à la cachette. On vide nos sacs pour garder uniquement ce qui est indispensable, puis on camoufle tout. Un fois la cache terminée, je prends la poubelle dans mon sac. Et on va au point de vie faire tout disparaitre”
On avance à quatre pattes vers les latrines. La terre déposée dans l’après midi est encore fraîche. Sur le point de vie, je démonte notre mini-installation. Le bois d’installe et le bois de chauffe sont disposés sur le fossé à coté de façon aléatoire. Le sac de terre est vidé sur les restes de feu éteint depuis longtemps. Je tasse et dépose les feuilles le plus homogène possible.
Bob qui assure notre sécurité, m’attend pour se mettre en formation. Le jour va bientôt se lever, voilà une belle journée … LALALALA NON et NON. C’est pas la fête à neuneu. Je vous entends chantonner. Enfin, ce n’est pas possible.
SI!!! On est fatigué parce qu’il est H+46, plus deux petites siestes, 36km dans les pattes avec 30kg de charge en moyenne. J’ai avalé deux anti-inflammatoires et seulement 2 litres d’eau (au maximum). Alors oui, je commence à halluciner. Et je vous entends chanter “l’ami du petit RICOREE”.
On fait quelques Kilomètres avant de se planquer sous un arbre pour se remettre en civil. Pour cette mission pas de point d’exfiltration. Nos jambes doivent nous sortir de là. Le chemin du retour se fait un peu plus alléger de nos armes et des outils d’enfouissement mais je garde mon Glock 18 et 2 chargeurs pour nous sortir d’un mauvais pas avant la front-line. Avec toute cette fatigue nous sommes dans un état second. Bod se met à halluciner des silhouettes le long de la route. Je le surprends même à s’endormir en marchant. Peu après, c’est moi qui suis victime d’assoupissement sur la route. Les kilomètres défilent alors que le soleil est de plus en plus sur nos têtes. On puise dans nos réserves d’eau sans compter. On fait une pause café sur le chemin pendant 20mn et on décolle. Si on ne bouge pas quand la tasse est fini on va se coucher dans le fossé. On marche encore un bonne vingtaine de km pour arriver au bout. Je ne sais même plus si ma jambe me fait mal… C’est la limite.
10.00 Fin de la mission pour la TEAM. La mission aurait dû durer 24h de plus mais nous avons notre compte. Et le résultat n’est pas si mal. Dans l’appart, je me fais une purée déhydraté et une soupe. Je bois tout ce que je peux. Je jette mes vêtements par terre et dodo.

13.30 Debout les zombies Je suis frais comme un lardon. Des grosses poches sous les yeux avec une barbes de 2 semaines avec fragrance sauvage. Bob se tir mollement du canapé.
“Tu vas faire quoi maintenant?”
Jack : “Je vais y retourner. Mais tu n’es pas obligé de venir”
Bob : “Et ton genou?”
Jack : “Je vais masquer la douleur jusqu’à ce que l’opération soit définitivement terminée. Mais cette fois, j’y vais à ma façon : en solo.
silence
Ils t’ont appelé à nouveau?”
Bob : “Les 3 appelles sont une erreur. Mais je serai pas surpris qu’ils me demandent de repartir pendant ces “petites vacances” à l’autre bout de la planète.”
Jack : “Vas souffler avec une fille avant de retrouver ta bannette. Je serai pas surpris que ça bouge à nouveau. De toute façon, on a pas fini de tourner dans le coin. Je m’occupe du reste. Ne t’inquiètes pas. A plus. On reste en contact”
Je me rase la barbe et met du parfum. J’enfile une tenue civile similaire à la police civile locale. Ce coup-ci, je pars avec mon Glock 29 collé sous mon cuir qui me tient compagnie. Je prends une des voitures à ma disposition pour foncer sur le lieux du contact. Seul , je pourrai être encore plus discret. Les rapports ont été envoyé mais je n’ai pas recu de consignes. Il faut donc que je retourne sur le point chaud pour confirmer la cible. Je remonte à vive allurme comme quelqu’un du coin qui sait où il va. Pour commecer je passe au à l’entour de notre point d’accroche. Aucune patrouille militaire ni de vhéhicule de transport de troupe dans dans les environs. Ce qui tenterait de confirmer que la zone est “purement” civile. Je finis malgré tout le travail de cette nuit. Je fais quelques passages dans le secteur Ouest. Les gens sont à leurs actvites, les enfants jouent ensemble sur le chemin qui mène aux maisons. Si c’est le style local alors pourquoi ce point chaud est sans vie. Je repasse devant et je vois que c’est finalement une seule et même maison que nous observions la nuit précedente. Le lieu est discret. Une haie de cyprés longe l’entrée. Elle fait comme un barrage visuel. Le batiemnet qui nous semblait suspect est impossible à approcher. Sur le coté du batiemnt un tas d’affaires qui semble avoir perdu leur place et à coté de l’entrée des barilles de ce qui pourrait être du carburant. A proximité de l’entrée un tracteur avec une benne à l’arrière. Je reprends donc la route dans l’autre sens pour passer à nouveau par dessus la voie de chemin de fer. Dans le chemin qui conduit à notre ex-planque, j’aperçois un homme jeune et grand qui se promène avec un gros chien noir. La ballade du chien-chien? Le gaillard est dans la force de l’âge : 1,90m, cheveux coupés courts, musclé, scrutant dans toutes les directions. Sur son coté, une sacoche qui pourrait dissimuler une arme. Il me regarde passer comme s’il voulait m’arrêter. Mais il se calme quand il se fait une idée de qui je pourrait être.

Je fais le grand tour avec la voiture pour arriver en marche arrière dans le chemein qui a vu notre exfiltration. La voiture hors de vu, je remonte la voie de chemin de fer jusqu’à notre planque. Mon glock est pret à sortir à tout moment. Si on me demande, je dirais que je fais une inspection. LA chache est intacte. Les détails qui personnalise le site à nos yeux sont tous là. Je peux sortir notre équipement sans crainte de tomber sur une mine. Le matériel est facile à prendre puisque tout est emballé dans deux sacs différents. Le chemin du retour se passe sans encombre. Ce petit passage d’adrénaline vaut un bol de café noir.

arrvié à la planque, je trie l’équipement et vérifie nos armes. Mais surtout, je récupère un petit ordinateur qui à fait le relevé des capteurs (bio-dégradables) largués pendant notre excursion nocturne. Le rapport transmis, les décisions seront à prendre part le haut commandement. Mission Accomplie!

RETEX

Tout ce récit est le résultat du mélange entre le scénario (imaginaire) et les évènements du WE dans la simulation (réel). J’espère que vous aurez aimé ce petit roman. C’est donc une opération fictive, basée sur des faits réels. Je laisse la place à votre imaginaire pour faire le tri.

Points négatifs : Le temps de préparation du matériel est beaucoup trop long. Il faut donc voir à pérarer du matériel exclusivement pour cette activité. De plus nous avions prévu de terminer lundi afin de travailler sur des ateliers de formation, Bob étant novice dans ce type d’activité. Nous avons trop donner dans la simulation et épuisé nos corps trop loin dans nos réserves. Du coup, nous avons du arrêter afin de rester disponible pour nos obligations. Ensuite, je suis désolé de ne pas pouvoir illuster avec plus de photos de nous en tenue opérationnel, mais les évènements ont supprimé la scéance photos prévue pour le dimanche.

Dans l’ensemble, je suis content de l’expérience qui a permis de mettre en valeur l’utilité de la cache et sa redoutable efficacité. De plus, Bob a encore su se montrer à la hauteur (comportement, endurance, attitude, sportivité, self-contrôle) dans les basics de l’infanterie (niveau commando). Certe il y a encore beaucoup de choses a apprendre qui peuvent prendre des années mais ce qui avait besoin de se révéler seulement entre nous deux est fait. Il a même fait preuve de ses compétences dans le poste arrière de la brique (désigné bleu par Philippe Perotti) en contrôlant notre sécurité régulièrement et en anticipant les changements d’environnement.

Maintenant, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses commes les basics opérationnels, les TAI, codes et procédures opérationnnelles, … Bonheur!!!

A plus pour de nouvelles aventures

 

3 réponses à “Operation “Open Eyes””

  1. bob lee swager dit :

    bonjour a toi jack…
    je viens de lire compte rendu de notre OP…
    mais a quand la prochaine…?

    • jackdurdon dit :

      bonjours à Toi Bob,
      Si tu arrives à disposer d’un planning plus disponible. J’essaierai bien de nous préparer à l’avenir proche : Ta formation martiale, les protocoles d’une team plus concequente, la rencontre avec ces autres gars qui semblent receptifs à ce style de milsim. Ils semblent intègres mais je dois encore les rencontrer. L’idée étant de pouvoir développer une vraie formation et une équipe qui puisse rencontrer les autres équipes en France.
      Je pense que tu peux jouer un role constructif dans cette aventure. Alors si tu as des disponibilités fais moi signe. Il est temps que tu démarre ta formation martiale.
      Je suis très pris par mon projet ici mais je peux trouver un peu de temps si tu me préviens un peu plus à l’avance.

  2. Von Sternberg dit :

    Merci et bravo pour le compte-rendu…


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